Qu'est ce que l'adoration ?

"L'adoration n'est pas un luxe mais une priorité" Benoît XVI, 2005)

"L'adoration est d'une valeur inestimable dans la vie de l'Eglise" (Jean-Paul II)

 

  • Qu'est-ce que l'adoration ?

L'Eucharistie est le don que Jésus-Christ nous fait de son Corps, de son Sang, de son Âme et de sa Divinité sous les apparences du pain et du vin. Il s’offre à nous à chaque messe. Il se donne en nourriture dans la communion. Il reste avec nous en personne au tabernacle dans le Saint Sacrement. Dans l’Hostie consacrée, Jésus voile sa gloire infinie, sa beauté et sa majesté divine pour que nous l’approchions dans la foi et que nous l'aimions pour lui-même.

« Les deux étymologies du mot adoration correspondent à ses deux dimensions : "Le mot grec est proskynesis. Il signifie le geste de la soumission, la reconnaissance de Dieu comme notre vraie mesure, dont nous acceptons de suivre la règle. Il signifie que liberté ne veut pas dire jouir de la vie, se croire absolument autonomes, mais s’orienter selon la mesure de la vérité et du bien, pour devenir de cette façon, nous aussi, vrais et bons. Cette attitude est nécessaire, même si, dans un premier temps, notre soif de liberté résiste à une telle perspective. Il ne sera possible de la faire totalement nôtre que dans le second pas que la dernière Cène nous entrouvre. Le mot latin pour adoration est ad-oratio ­ contact bouche à bouche, baiser, accolade et donc en définitive amour. La soumission devient union, parce que Celui auquel nous nous soumettons est Amour. Ainsi la soumission prend un sens, parce qu’elle ne nous impose pas des choses étrangères, mais nous libère à partir du plus profond de notre être »  (Benoît XVI, JMJ, Cologne 2005)

« L'adoration eucharistique a pour objet la divine personne de notre Seigneur Jésus-Christ présent au Très Saint-Sacrement. Il est vivant, il veut que nous lui parlions, il nous parlera. Et ce colloque, qui s’établit entre l’âme et notre Seigneur, c’est la vraie méditation eucharistique, c’est l’adoration. Heureuse l’âme qui sait trouver Jésus en l’Eucharistie, et en l’Eucharistie toutes choses » (Saint Pierre-Julien Eymard).

L'adoration eucharistique prépare et prolonge la célébration eucharistique. « Dans l'Eucharistie, en effet, le Fils de Dieu vient à notre rencontre et désire s'unir à nous; l'adoration eucharistique n'est rien d'autre que le développement explicite de la célébration eucharistique, qui est en elle-même le plus grand acte d'adoration de l'Église. Recevoir l'Eucharistie signifie se mettre en attitude d'adoration envers Celui que nous recevons. C'est ainsi, et seulement ainsi, que nous devenons un seul être avec Lui et que nous goûtons par avance, d'une certaine façon, la beauté de la liturgie céleste. L'acte d'adoration en dehors de la Messe prolonge et intensifie ce qui est réalisé durant la Célébration liturgique elle-même » (Benoît XVI, Sacramentum Caritatis, 66)

 

  •  Pourquoi l'Adoration Eucharistique : 

- Jésus le désire !

Jésus prononça ces émouvantes paroles à sainte Marguerite-Marie Alacoque : « J’ai soif, mais d’une soif si ardente d’être aimé des hommes au Saint-Sacrement, que cette soif me consume. » Puisque le don de Jésus dans l'Eucharistie est total, la réponse et la reconnaissance de l'Église à ce don doit être totale, donc perpétuelle.

- Dans la Parole de Dieu

Adorer, c'est répondre au premier commandement: "C'est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras et à lui seul tu rendras un culte." (Mt 4, 10)

Il demeure ainsi avec nous, jour et nuit, au Saint-Sacrement. Ne nous a-t-il pas dit: « Voici que je suis avec vous pour toujours » (Mt 28, 20), car « je t'ai aimé d'un amour éternel, aussi t'ai-je maintenu ma faveur » (Jr 31, 3).

« Le Père cherche des adorateurs qui adorent en esprit et en vérité » (Jn 4, 23).

 

 

  • D'après le magistère :
  1. Un doux devoir

« C’est pour nous un devoir très doux d’honorer et d’adorer dans la sainte hostie, que nos yeux voient, le Verbe incarné qu’ils ne peuvent pas voir et qui, sans quitter le ciel, s’est rendu présent devant nous » (Profession de foi catholique’ Paul VI, 1968).

  1. Faire l’expérience de la tendresse de Dieu 

« Il est bon de s'entretenir avec Lui et, penchés sur sa poitrine comme le disciple bien-aimé, d'être touchés par l'amour infini de son cœur » (Ecclesia de Eucharistia’, Saint Jean-Paul II, 2003)

  1. Prolonger la Messe

 L'acte d'adoration en dehors de la Messe prolonge et intensifie ce qui est réalisé durant la Célébration liturgique elle-même. En fait, ce n'est que dans l'adoration que peut mûrir un accueil profond et vrai. Et c'est bien par cet acte personnel de rencontre avec le Seigneur que mûrit ensuite la mission sociale qui est renfermée dans l'Eucharistie et qui veut briser les barrières non seulement entre le Seigneur et nous, mais aussi et surtout les barrières qui nous séparent les uns des autres » (Benoît XVI, Sacramentum Caritatis, 2007).

  1. Devenir évangélisateur

« Pour évangéliser le monde, il faut des apôtres "experts " en célébration, en adoration et en contemplation de l’Eucharistie » (Saint Jean-Paul II, Mission et Eucharistie, 2004)

 

 

  1. Un service éminent pour l’humanité 

« Par l’adoration, le chrétien contribue mystérieusement à la transformation radicale du monde. Toute personne qui prie le Sauveur entraîne à sa suite le monde entier et l’élève à Dieu. Ceux qui se tiennent devant le Seigneur remplissent donc un service éminent » (Saint Jean-Paul II à Mgr HOUSSIAU,1996)

 

 « L’Eglise et le monde ont un grand besoin de culte eucharistique. Jésus nous attend dans ce sacrement d’amour. Ne mesurons pas notre temps pour aller le rencontrer dans l’adoration, dans la contemplation pleine de foi et prête à réparer les grandes fautes du monde. Que notre adoration ne cesse jamais » (Saint Jean-Paul II, Dominicae cenae, 1980)

  1. Meilleur remède contre les idolatries:

« Adorer le Dieu de Jésus Christ, qui s'est fait pain rompu par amour, est le remède le plus valable et radical contre les idolâtries d'hier et d'aujourd'hui. S'agenouiller devant l'Eucharistie est une profession de liberté: celui qui s'incline devant Jésus ne peut et ne doit se prosterner devant aucun pouvoir terrestre, aussi fort soit-il. Nous les chrétiens nous ne nous agenouillons que devant Dieu, devant le Très Saint Sacrement, parce qu'en lui nous savons et nous croyons qu'est présent le seul Dieu véritable, qui a créé le monde et l'a tant aimé au point de lui donner son Fils unique (cf. Jn 3, 16) »  (Benoît XVI, homélie pour la Fête-Dieu, 2008)

 

  • L’adoration chez les saints : 

Saint Jean XXIII et Saint Jean-Paul II ont eu une très grande vénération pour le Saint Sacrement. Les saints n'ont jamais manqué de se retrouver au pied du tabernacle pour prier.

Le Curé d’Ars, saint Jean-Marie Vianney s’exclamait : « Notre Seigneur est au ciel. Il est aussi dans son tabernacle. Quel bonheur ! »

Plus près de nous, Mère Teresa de Calcutta donnait ce témoignage :  « Notre règle ordonnait, jusqu'en 1973, une heure d'adoration par semaine devant le Saint-Sacrement... Nous avons beaucoup à faire vu que nos maisons pour les lépreux, les malades, les enfants abandonnés sont toujours au complet. Néanmoins, nous maintenons fidèlement notre heure quotidienne d'adoration. Eh bien ! depuis que nous avons introduit cette modification dans notre emploi du temps, notre amour pour Jésus est devenu plus intime, plus éclairé. Notre amour réciproque est plus compréhensif, il règne entre nous une entente plus affectueuse, nous aimons davantage nos pauvres et, chose encore plus surprenante, le nombre des vocations a doublé chez nous... »